Primes sur objectifs : une belle hypocrisie

Le 28 mars 2014, dans un mail adressé à toutes les équipes de vente le directeur réseau s’est vanté d’avoir négocié avec la présidente de la société Les Petites et le directeur général — « après plusieurs semaines d’échange » (!) — une revalorisation des grilles de primes pour les boutiques et les stands.

Il n’a pas hésité à nous communiquer son message en tant que représentant du personnel, lui qui conduit régulièrement les entretiens préalables au licenciement en tant que représentant de la direction. Il fallait oser.

Il nous a informé « qu’il lui a paru indispensable, étant donné les difficultés économiques que nous rencontrons, de nous donner la possibilité de nous impliquer davantage dans la réalisation de nos chiffres ».

Foutaises ! Il faut être cohérent : quand on nous parle de difficultés économiques, qu’on ne vienne pas nous mettre comme objectif 30 % d’augmentation minimum sur le n-1.

Car la réalité c’est que nous ne parvenons jamais à atteindre nos objectifs mensuels et que les primes ne viennent pas améliorer nos rémunérations, contrairement à ce que la direction essaie de nous faire croire.

Lors de la négociation annuelle obligatoire 2012 (NAO), la section syndicale CGT avait exigé la révision de la grille d’attribution des primes avec un démarrage  à 90% de l’objectif au lieu de 99% et la prise en compte du contexte économique (lire : Point sur la NAO suite à la réunion du 19 février 2013). On nous avait opposé un refus catégorique.

En avril 2014, sans concertation et sans NAO (ce qui est contraire à la loi), la direction a finalement revalorisé la grille d’attribution des primes avec un démarrage à 95% de l’objectif. Notre demande était donc légitime mais cette modification est totalement insuffisante car les objectifs restent complètement surréalistes.

Rien ne sert de revaloriser la grille de primes si les objectifs fixés sont inatteignables !

Alors que la direction arrête de nous dire « qu’en tant que personnel de ventes nous sommes la pierre angulaire de la société Les Petites » quand dans le même temps elle fixe des objectifs toujours plus élevés en sachant parfaitement que nous ne pourrons pas les atteindre.

Les primes sur objectifs ne sont en fait qu’un leurre. Voilà pourquoi en décembre dernier, lors de la NAO 2013, la direction a refusé de communiquer sur les salaires réels hors primes et avec primes, information pourtant obligatoire (lire : Négociation annuelle obligatoire : la mascarade de la direction Les Petites).

Il faut savoir que dans d’autres entreprises des règles claires, précises et justes ont été établies pour fixer les objectifs, comme par exemple l’interdiction d’aller au delà de 20 % du n-1.

Quand on sait l’enjeu que représente pour nous la part variable alors que, contrairement à nos concurrents, nous ne bénéficions d’aucun avantage en dehors de notre salaire : nous n’avons pas les 35 heures, pas de tickets restaurants, pas de mutuelle santé, pas de treizième mois, pas de participation aux résultats, pas de primes d’ancienneté, pas d’accord d’entreprise, une convention collective de l’industrie (!) qui ne correspond pas à notre activité réelle et qui est désavantageuse… on s’étonne vraiment que la direction nous considère comme « la pierre angulaire » de la société Les Petites !

D’où le turnover permanent des équipes de ventes dont « l’aventure » dans l’entreprise ne dure jamais « quelques années », contrairement à ce qu’écrit le directeur réseau Les Petites avec une belle hypocrisie.

C’est ensemble que nous obligerons la direction Les Petites a respecter nos droits. Le droit du travail sera appliqué au sein de la société Les Petites.

Unissons-nous ! un syndicat c’est fait pour ça.

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